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Journal des vins de Décembre 2011 :

Jean-Baptiste Klein Meilleur Jeune Sommelier de France 2011 : retour sur une difficile épreuve savourée en direct à Vertus (51)

Région : Champagne Appellation : Champagne Parution : 10 décembre 2011 Auteur : Thierry Perardelle

En Champagne, la finale du second Trophée Duval-Leroy du Meilleur Jeune Sommelier de France aura confirmé tout le travail, le courage et le talent des prétendants. 100 candidats, 10 demi-finalistes, 4 finalistes et un seul gagnant : Jean-Baptiste Klein (Le moulin de Mougins à Mougins, 06). Chapeau !

Quelle pression et quel niveau. Sans m’emballer, je sais aujourd’hui tout le travail et le courage qu’il faut pour s'attaquer à un concours de sommellerie.
Comme celui du Meilleur Jeune Sommelier de France-Trophée Duval-Leroy, orchestré par l’efficace UDSF, et qui qui livra ses résultats lundi 28 novembre 2011 à Vertus (siège de la maison champenoise familiale qui soutient pour la seconde fois cette épreuve très relevée. Une action à saluer tant l’Union de la sommellerie française peine à trouver des appuis financiers et logistiques... même dans cette pourtant si prestigieuse appellation champenoise).

100 AU DÉPART, 4 EN FINALE
Une centaine de jeunes candidats sélectionnés au départ (moins de 25 ans, déjà en activité dans de prestigieux établissements), 10 « rescapés » en lice pour la demi-finale, et les 4 meilleurs pour la finale. Les 4 meilleurs et donc 6 candidats (dont deux filles) déçus, parfois en pleurs… des mois de travail et d’acharnement pour échouer à la porte de la finale. Mais (consolation quand même ?) une salle comble qui applaudira avec force et admiration le chemin parcouru.
La tension s’accélère, les mains et le corps cherchent une posture, les 4 finalistes calment au mieux leur respiration et se préparent à entrer dans « l’arène », une salle des fêtes remplie de sommeliers de France, de têtes d’affiche membres du jury et auréolées de prix mondiaux, européens ou nationaux.

UN SAVOIR… A TOUTE ÉPREUVE
L’un après l’autre, les jeunes sommeliers se lancent dans la compétition, avec souvent une assurance remarquable lors des 4 épreuves imposées :
- Déterminer, en quelques secondes pour chacun, l’origine géographique de 20 flacons d'après l’étiquette de la bouteille. Et croyez-moi, ça défile vite ! Il faut déjà faire preuve d’un savoir « outre-France », d’une ouverture indispensable vers les vins et fleurons étrangers. Une épreuve qui paraît simple… mais pour laquelle j’aurais pour ma part commis au moins 5 erreurs (suis-je à moitié pardonné de le dire ?)
- Second tableau, assurer en 5 minutes ( !) le service et le commentaire, en anglais svp, d’un champagne Duval-Leroy Clos des Bouveries 2005, fleuron de la Maison, à une tablée de 5 personnes. Et là, chapeau à tous les candidats pour leur performance, leur rapidité sans énervement, les commentaires éclairés sur cette cuvée et la Maison Duval-Leroy.
- Troisième tableau : proposer en 10 minutes 6 vins pour accompagner un menu-déjeuner (60 euros/60 minutes) qui comprend donc 2 vins au verre et une demi-bouteille d’eau minérale. Quel plaisir alors, d’apprécier les accords mets-vins toujours creusés, recherchés, intelligents (et pourtant différents), preuve que nos candidats évoluent bien dans de grandes tables… Vraiment impressionnant.
- Dernière épreuve : procéder en 6 minutes à l’analyse sensoriel d’un vin (Château Léoville Las Cases 1995, mais nous ne le saurons qu’à la fin) et identifier 5 autres produits en 3 minutes (porto blanc bouchonné ! (petit piège des organisateurs…) rhum paillé, Bourbon, Cognac... Là encore, c’était un régal de boire les commentaires des candidats, pointus et riches de sens.
Enfin, devant le président de l’UDSF Michel Hermet, chaque candidat devait expliquer les deux actions prioritaires qu’il mettrait en œuvre, s’il remportant le titre de Meilleur Jeune Sommelier, pour promouvoir la profession. Une sorte d’auto-promotion, dont on retiendra qu’elle génère de bonnes idées (action envers les écoles et la jeunesse, développement d’outils pédagogiques originaux et conviviaux comme la BD).

BRAVO JEAN-BAPTISTE KLEIN
(sommelier au Moulin de Mougins, 06)

De cette finale sortira un gagnant : Jean-Baptiste Klein, qui pouvait enfin libérer son émotion et sa joie, longuement applaudi par les membres du jury, tables « aux grappes d’or » et autres invités. Lesquels savouraient ensuite un repas signé Le Petit Comptoir à Reims (Fabrice Maillot et sa brigade) et les cuvées Fleur de Champagne 1999 brut premier cru (servie en magnum), Femme de Champagne 2000, Rosé prestige et Clos des Bouveries 2005.
Le gros coup de cœur ? unanimement (à notre table du moins) le Fleur de Champagne 99, élégant, frais et beurré, aux fines notes de levure, de fruits blancs, de menthe ; à la bouche ample, droite et d’une jolie gourmandise.

LES 10 DEMI-FINALISTES PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE : Prisca Asselin (lycée hôtelier de Talence, 33), Maxime Brunet (L’Oasis à Mandelieu La Napoule, 06), Jean-Marie Contestin (Le temps des vendanges à Toulouse, 31), Mikaël Grou (Le Georges V à Paris, VIIIe), Noé Guitton (La côte Saint-Jacques à Joigny, 89), Yann Hangouet (Constance Belle Mare Plage à l’Île Maurice), Jean-Baptiste Klein (Le moulin de Mougins à Mougins, 06), Isabelle Mabboux (Gidleigh Park en Angleterre), Florent Martin (Le Georges V) et Pierre Vila Palleja (Lasserre à Paris, VIIIe).

LES 4 FINALISTES : Mikaël Grou (Le Georges V à Paris, VIIIe), Yann Hangouet (Constance Belle Mare Plage à l’Île Maurice), Jean-Baptiste Klein (Le moulin de Mougins à Mougins, 06) et Florent Martin (Le Georges V).

QUELQUES PHRASES ENTENDUES :
- Michel Hermet, président de l’UDSF : « Il faut courage et ténacité pour devenir le meilleur ». « Les sommeliers sont les missionnaires d’un certain art de vivre à la française ». « Nos valeurs restent les mêmes : humilité, fidélité, esprit de famille, sérieux et convivialité ».
- Carole Duval-Leroy : « Notre Maison familiale et indépendante depuis 1859 soutient ce concours et montre ainsi tout son attachement à l’UDSF. Le champagne reste le partenaire idéal ».

PHOTO : Carol Duval-Leroy et Michel Hermet, président de l'Union de la sommellerie Française, remettent le Trophée Duval-Leroy du Meilleur Jeune Sommelier de France 2011 à Jean Baptiste Klein.

Article proposé par Thierry Perardelle
(Journaliste)

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